Quand Camille Gagnon-Loiselle a quitté Montréal en 2022, elle ne s’attendait pas à ce que sa nouvelle maison à Sainte-Félicité devienne bien plus qu’un simple lieu de résidence. En quelques mois, elle s’est enracinée dans la région, portée par un accueil chaleureux, une vie communautaire riche et un profond attachement à la nature.
Le parcours de Camille Gagnon-Loiselle, 29 ans
Camille, peux-tu nous dire d’où tu viens et ce qui t’a amenée ici?
Je viens de Montréal, j’y suis née et j’y ai grandi. En octobre 2022, je suis arrivée à Sainte-Félicité-de-L’Islet avec mon ex-conjoint. On cherchait une maison abordable, proche de la nature, avec un grand terrain, mais pas trop loin de Montréal — idéalement à quatre heures maximum. On voulait pouvoir revenir facilement voir la famille et les amis.
C’est vraiment la maison qui a été un coup de cœur. Elle appartenait à un couple artistique, elle avait une âme, une chaleur. Ce n’était pas une maison comme les autres, c’était un lieu qui respirait la créativité. Et ça, ça m’a parlé tout de suite.
Tu es maintenant seule propriétaire de la maison. Comment s’est passée ton intégration dans le village?
Honnêtement, ça s’est fait tout naturellement. Mon voisin a été un vrai pilier dès le début : il m’a donné plein de conseils, m’a aidée à apprendre des choses que je ne connaissais pas du tout, comme partir un feu dans un foyer et faire ramoner sa cheminée. On soupe ensemble, on prend un petit verre… c’est devenu un ami.
Et puis, six mois après mon arrivée, une autre fille, Gabrielle, est arrivée dans le village. On s’est rencontrées à une rencontre communautaire, puis à la fête de la Saint-Jean. Depuis, on est inséparables. On fait des activités ensemble, on explore la région en faisant plein de nouvelles expériences — comme aller aux Vilains Lapins!
Est-ce qu’il y a des événements ou des lieux qui ont renforcé ton sentiment d’appartenance à la région?
Oui, vraiment. À Sainte-Félicité, il y a la fête d’hiver et la fête de la Saint-Jean, qui sont des moments forts. On est un petit village de 350 habitants, mais à ces événements-là, tout le monde est là, tout le monde danse, tout le monde participe. J’ai commencé à faire du bénévolat pour ces fêtes, et ça m’a permis de rencontrer encore plus de gens.
J’adore aussi aller au Ras L’Bock à Saint-Jean-Port-Joli. C’est une microbrasserie avec une super terrasse, un lieu rassembleur où tu peux juste prendre une bière, jaser avec les gens. C’est simple, mais tellement précieux.
Tu sembles très proche de la nature. As-tu un endroit préféré dans la région?
Oui! Le sentier des deux lacs de Saint-Marcel, c’est mon endroit secret. Il n’y a jamais personne, c’est tranquille, il y a un petit lac avec une table de pique-nique. J’y vais été comme hiver. C’est super bien entretenu, et tu te sens vraiment en pleine nature. C’est mon refuge.
Tu es aussi très impliquée dans la vie culturelle. Peux-tu nous parler d’une activité qui t’a marquée?
Peintres en direct de Sainte-Louise, c’est une activité que j’adore. C’est une ambiance super chaleureuse, sans prétention. Peu importe ton niveau, tu viens peindre avec d’autres artistes, il y a de la musique, un souper, une consommation… c’est vraiment un moment de partage. Je le recommande à tous les artistes que je rencontre!
Qu’est-ce qui te fait « tripper » sur la vie en région?
La nature, c’est sûr. Mais aussi la tranquillité, le fait qu’on est entre fleuve et montagne. Tu peux aller marcher dans le bois ou t’asseoir au bord de l’eau, sans foule, sans bruit. Et les gens! Il y a une vraie chaleur humaine ici.
Et si tu pouvais implanter un projet ou une initiative dans la région, ce serait quoi?
Je travaille dans la gestion des matières résiduelles, alors je dirais : une collecte de compost porte-à-porte dans toute la région! Ce serait un gros plus pour l’environnement.
Et j’aimerais qu’on continue à soutenir nos petites entreprises locales : les cafés, les restos, s'assurer d'avoir des endroits où tu peux manger une poutine l’hiver ou une crème glacée l’été. Ce sont des lieux de vie essentiels à l'année.
Si tu devais décrire Région L’Islet en trois mots, ce serait lesquels, et pourquoi?
- Communauté : parce qu’il y a un vrai esprit d’entraide, de solidarité.
- Art et culture : il y a tellement d’artistes, d’événements, de créativité.
- Nature : parce qu’on a tout — le fleuve, les montagnes, les forêts.
Et pour finir, une tradition locale qui t’a surprise?
La chasse! C’est la première fois que je fréquente un univers de chasseurs. Pendant la saison, tout le monde en parle, que ce soit au dépanneur ou à la station-service. C’est vraiment ancré dans la culture locale. Et j’ai même vu un orignal avec son petit, pas très petit, marcher dans ma rue!


