Solange et Olivier se sont donné la permission d’aller plus loin, de retourner à l’endroit où des souvenirs d’enfance se sont créés, au son des vagues et du vent dans les feuilles. C’est finalement à Saint-Jean-Port-Joli qu’ils ont choisi de mener une vie où le temps ralenti, où l’art est célébré et où la famille permet de créer des connexions sincères et profondes.
Le parcours de Solange Pilote, 29 ans
Bonjour Solange! Merci de te prêter au jeu des questions avec nous. Peux-tu partager avec nos lecteurs d’où viens-tu et où résides-tu présentement?
Allô! Moi c’est Solange, j'ai 29 ans, bientôt 30 ans. J'habite à Saint-Jean-Port-Joli depuis environ 4 ans et mon conjoint Olivier et moi sommes originaires de Québec.
Peux-tu nous parler un peu de ton travail?
Je suis artiste-illustratrice. Depuis 2018 environ j'ai une entreprise qui se spécialise dans les décors de chambres d'enfants ou les décors ancestraux.
Je peins des illustrations à la main et ensuite, je les revends.
Je crée des motifs qui sont transformés en couverture ou en produits textiles. Je collabore aussi avec des entreprises québécoises, mais également situées partout dans le monde. Je travaille notamment avec Perlimpinpin, une entreprise pour enfants québécoise. Je crée des motifs et ils les transforment en produits pour leur clientèle.
Note de Région L’Islet → Tu peux découvrir le travail de Solange sur son site Internet. Elle crée des illustrations, de la literie, des couvertures et plusieurs autres articles célébrant la douceur et la vie à la campagne.
Pourquoi as-tu choisi de t’établir dans Région L’Islet? Qu’est-ce qui t'a séduite?
On venait souvent passer des vacances ou le temps des Fêtes dans la région. À l'époque, nous allions au Gîte chez Cody, qui était sur le bord du fleuve. Il n'existe plus maintenant, mais on y séjournait pendant le temps des Fêtes, parfois l’été. Puis, on en profitait pour aller à la Vigie, passer du temps sur le bord du fleuve.
La pandémie est arrivée, Olivier et moi étions un peu tannés de la ville, donc on a décidé de s’installer dans une région un peu plus éloignée. Olivier, qui venait tout juste de finir ses études en génie mécanique, a postulé dans une entreprise de Montmagny et il a été engagé. C'est à ce moment-là qu'on a décidé de déménager dans la région.
Nous sommes ici depuis environ 4 ans et Olivier travaille maintenant chez Plastiques Gagnon, ici, à Saint-Jean-Port-Joli. On est vraiment ancrés dans le village.
Pourquoi avoir choisi Saint-Jean-Port-Joli plutôt qu’une autre municipalité? Aviez-vous des amis installés ici? Vous avez regardé une carte et vous vous êtes dit : «C’est là!»?
Solange : Non, pas d’amis établis ici, mais Saint-Jean-Port-Joli, c'est reconnu comme un village d’artistes. C'était attirant!
Olivier : La mère de mon parrain vient de Saint-Jean-Port-Joli. Elle était propriétaire de la maison qui accueille aujourd’hui Le Vivoir! Je venais une fois de temps en temps quand j’étais petit.
Solange : On venait aussi environ une fois par année au restaurant La Roche-à-Veillon. C'était comme la sortie de l’année! On ne connaissait pas tellement le village, mais quand on est déménagés, c'est là qu'on a commencé à le découvrir.
Olivier : On a visité beaucoup de maisons, on essayait de trouver à proximité de Montmagny puisque c’est là que j’avais été engagé et que mes parents et une partie de ma famille sont à Québec. On ne s’était pas donné la chance de penser à Région L’Islet.
De Lévis à Montmagny, on a fait beaucoup de visites, mais on ne trouvait rien à notre goût, donc on s’est donné la permission de regarder plus loin.
Solange avait vu deux ou trois maisons à Saint-Jean-Port-Joli, dont celle qu’on habite aujourd’hui. Ça été un coup de cœur! On est passé devant en voiture et elle disait : «C’est vraiment beau cette maison-là!».
Solange : Elle était sur DuProprio, on avait même une visite de planifiée, mais je ne l’avais pas reconnue! Je l’appelle «la maison lilas» parce qu’il y a plein de lilas plantés partout autour. Je regardais les lilas et je disais à quel point c’était beau et que j’aimais la maison quand Olivier m’a dit : «T’es bin drôle! On va la visiter dans 20 minutes Solange!». (rires)
Quand vous êtes arrivés ici, est-ce que vous avez rencontré des défis d'intégration, que ce soit au niveau personnel ou au niveau professionnel?
Solange : Je pense que le principal défi qu'on a rencontré, c’est de trouver des commerces spécialisés ou de proximité, comme une boucherie. C’est parfois difficile de trouver l’information sur Internet ou sur les réseaux sociaux parce que ce n'est pas tout le monde qui pense à s’afficher sur Internet, ici dans la région.
Ça fonctionne beaucoup par le bouche-à-oreille. Ça a été un gros défi pour nous de trouver nos petites habitudes comme lorsqu’on habitait en ville. Cependant, une fois que tu es ancré dans la communauté, que tu prends part au fameux bouche-à-oreille, c’est là que tu peux te dire : «Ah, il y a ce commerce, ce producteur…».
Olivier : L'autre défi, c'est quelque chose qu’on recherchait, mais qui était quand même un défi. Être plus tranquille, être moins dans le mouvement tout le temps, dans le quotidien… c’est comme ça ici, mais ça fait en sorte que beaucoup de commerces ferment plus tôt (par rapport aux commerces de Québec) ou sont complètement fermés le dimanche!
Au début, ça été un défi, mais en soit, c'est une bonne chose et aujourd’hui, on le vante. Que certains commerces soient fermés le dimanche, ça t'oblige à comprendre que le temps, c’est précieux. C'est une habitude à prendre, mais c’est ce qu’on voulait.
Solange : Assied-toi et relaxe! (rires)
Habiter un village comme Saint-Jean-Port-Joli, c'est comme revenir à la base, à l’essentiel. Les gens y sont vraiment plus patients. Et la vie y est plus tranquille. C'est tellement moins stressant!
Est-ce qu'il y a des événements que vous avez vécu ici qui ont renforcé votre sentiment d'appartenance envers la région? Par exemple des fêtes, des événements, des soirées, etc.?
La Fête d'hiver, les Chants de marins et la Fête Nationale à Saint-Jean-Port-Joli, c'est vraiment cool. Le côté familial est souvent mis en avant dans ces activités et on l’apprécie beaucoup. Saint-Jean-Port-Joli, même si c’est une plus petite municipalité, c’est très dynamique, tout comme la région. C’est vivant, il y a beaucoup d'activités.
Sinon, on aime beaucoup s’arrêter chez des maraîchers pour acheter des fruits et légumes. Ça, c'est quelque chose qu'on adore!
Oh c’est intéressant! Quelles sont vos fermes et endroits préférés dans la région pour faire le plein de produits frais et locaux?
Nous allons souvent chez Fruits et légumes des Saint-Pierre et hier, on est allé au nouveau Marché Fermier Le Bocage, situé dans l’ancien restaurant du même nom. Je suis revenue avec des chanterelles! Il y a beaucoup de variété de produits!
La région regorge d’endroits plus ou moins secrets... Est-ce que vous êtes prêts à nous révéler votre spot préféré dans la région?
Il y en a plusieurs! On aime beaucoup le Domaine de Gaspé. Avec la rivière Trois-Saumons qui traverse le terrain, on adore y faire des pique-niques et se tremper les pieds avec les enfants et notre chien, Togo.
On aime aussi aller au parc municipal de Saint-Roch-des-Aulnaies. Il est situé sur le bord du fleuve, tout près de l’école. Les enfants peuvent jouer dans le parc, on peut aller sur la grève. Après, on peut aller au casse-croûte La Barraque, toujours à Saint-Roch, qui est délicieux!
Un incontournable avec les enfants, c’est le Bar Laitier Chouinard. Les enfants y vont au moins une fois par semaine! (rires)
On est aussi des grands fans du Moule à Sucre. Tellement que le personnel nous reconnaît! La propriétaire me disait même «Ah si tu passes l’hiver et que c’est fermé, envoie-moi un message sur Facebook, puis on va sortir ce que tu veux!».
Y a-t-il une personne que vous avez rencontrée qui a facilité votre intégration dans votre communauté d’adoption?
Quand on est arrivé dans la région, on ne connaissait personne, nous n’avions pas d’amis. Lorsqu'Olivier a commencé à travailler chez Plastiques Gagnon, il s'est créé des contacts. L’entreprise étant située à Saint-Jean-Port-Joli, plusieurs employés viennent de la municipalité ou des municipalités situées tout près.
De mon côté, je me suis fait des amies, notamment Eléonar Caron St-Pierre, directrice de l’École de danse Chantal Caron, et Jany Gauthier, qui a créé l’entreprise Les jardins d’Evy. On est devenues trois bonnes amies.
Jany, avec son travail, a beaucoup de contacts dans la restauration et a fini par connaître beaucoup de monde dans la région. Et Eléonar... elle est ancrée ici depuis toujours! Quand on est ensemble, elles me présentent à tout le monde, ce qui a vraiment facilité mon intégration. Veux, veux pas, c’est parfois difficile de faire sa place dans une communauté qui est déjà super soudée, mais quand tu y entre, tu entres pour de bon.
Je dirais aussi que nos enfants ont beaucoup aidé à notre intégration dans la communauté. Tu sais, avec l'école, les fêtes d’amis… dans le fond, c’est eux la clé! (rires) On a connu Jany parce que son enfant allait à la même garderie que le nôtre, Eleonar parce que l’un de nos enfants a pratiqué la danse…
La phrase est suivie d’une joyeuse cacophonie où les enfants nomment tous les amis de leurs parents et comment ou pourquoi ils les ont rencontrés.
Après un coup de foudre pour une maison, un déménagement et 4 ans à faire votre place dans une communauté tissée-serrée... est-ce que vous vous ennuyez de Québec?
Oh non, non, pas du tout! Quand on va faire un tour à Québec, ou dans une autre grande ville de la province, chaque fois, ça confirme notre choix d’être ici!
Région L'Islet en trois mots? Famille, sérénité et culture!


